Qui êtes-vous ?

En guise de bienvenue !

"... c’est en tous temps et en tous lieux que je peux prouver qu’il est possible de vivre sa liberté ; que vivre n’est pas une habitude qui se poursuit à mon insu, et que je peux, jusque dans les formes figées de la société, saluer en moi, comme en chacun, la ressemblance divine."

28.1.06

Le bouquet qui me plait


Le bouquet qui me plait

J'aurai bientôt fini mon travail. Il ne reste plus rien à dévoiler de mon âme à mon âme, le périple prend fin. Mille fois l'amour est mort, mille fois il renait, je n'y puis rien changer. Seul, abandonné, je souris dans la rue aux oiseaux disparus, au couple attentionné, à la toute petite enfant avec ses yeux géants, à la jeune femme courant gracieuse après son rêve, et je souris de moi-même, dans la ville enneigée. Je trouve encore la vie si belle, quoi qu'il en soit de ma tristesse. Je n'en veux à personne, j'espère toujours mon aimée, que le ciel me la rende, et je m'attends encore aux boucles noires qui viendraient me combler. De ces désirs contradictoires, toutes mes déchirures, mon être inachevé, mes espoirs rejetés, je fais pourtant, une fois de plus, un bouquet qui me plait ; et je l'offre au soleil, celui qui est absent, aux amants de demain. Passants de mon présent, je ne sais que faire pour consoler tous vos chagrins, poètes et maitresses trop mal aimés, mais j'essaie, et j'essaierai sans fin. Je n'ai rien d'autre à faire, et votre peine le vaut bien. Je suis prêt tour à tour à aimer comme la toute première fois, à t'être fidèle à jamais comme toujours je l'ai été, et à tout perdre aussi s'il le fallait, jusqu'à l'étoile tout là-haut au fond de moi - pour un simple instant plus doux que tous les autres, pour la paix d'un seul regard de la juste innocence. Et vous que j'ai tant pleuré, mes frères et soeurs d'âme, qui débordiez de joie pour vous donner, vous que je porte en moi comme l'appel le plus clair qui jamais me fut fait ; oui, vous, promesses du jour prochain, je ne peux vous lâcher la main, je vous sens dans la mienne, j'écris de votre sang, je vous verrez demain. Et ces fleurs dans mon coeur, qui jamais n'ont fané, c'est à vous tout d'abord que si je peux je les tendrai. Vous étiez près de moi, vous habitiez ma voix, vous m'avez relevé, et dans la nuit la plus noire, c'est votre esprit sur les siècles élevé qui m'a encouragé. C'est avec vous que j'ai vécu ; sans vous, même une tombe aurait été de trop pour accueillir le regret que j'ai d'avoir vécu ainsi, d'avoir vécu ici.

27.1.06

Dommage


Dommage

Quelque chose a changé dans votre façon d'être, madame. Vous glissiez près de moi, attirée d'un je ne sais quoi, et vos regards me disaient presque tout, de votre envie de moi. Vous aviez des sourires attentifs, et vos mains aussi savaient parler. Vous insistiez, à en être gênée. Mais moi, je ne pouvais pas, pas encore, pas déjà, et pas comme ça.
Je vous ai vue troublée, et même admirative, touchée, et encore attentive, prête à m'aider, à me tendre la main, et puis plus rien. Vous voilà réservée, un peu distante, presque polie, et presque indifférente. Je ne vous ai rien fait, rien dit, j'ai suivi tous vos jeux, jusqu'à ce que votre désir devienne vrai, jusqu'à voir votre visage de jeune fille retrouvée, vos yeux qui brillent, ce sourire qui pétille. Vous voilà loin, un désir est passé, juste quand le mien venait, je vous rêvais enfin, et enfin j'étais prêt, et c'est toute ma vie. Je ne vous en veux pas, je n'en souffre même pas, je vous désire encore, sentant que vous fuyez, sentant qu'il est trop tard, je vous désire encore, je vous rêve avec moi, je nous rêve demain, et je crois que je n'y arriverai jamais.
L'amour joue avec moi, montrant tous ses éclats, et puis il neige, et dans mon âme blanche, tombe le froid.
Alors je glisse, enfant naïf qui ne sait pas, ignore tout du premier pas, je glisse et glisserai sur mes émois, jusqu'à ce que l'esprit s'élève en moi si haut, que mon corps enfin s'apaise, et que j'embrasse en chaque mot la terre entière, et puis que ce soit tout.

Un sentiment amoureux


Un sentiment amoureux

Il faut croire qu'elle a réussi. Ce sentiment amoureux, dont je ne parvenais plus à ranimer l'exactitude transie en moi, dont je me suis demandé : « c'était ainsi ? », quand je crus le retrouver, sans pouvoir vraiment y croire, qui alors ne me laissa que sa morsure impitoyable, ce désert infini où mon coeur a survécu, raccroché à la promesse de soi qu'il s'était faite imprudemment, alors le voilà. Tout bleu, brillant comme tes yeux quand ils me reconnaissent. Elle même a douté, je l'ai senti, mais notre rencontre semble irrésistible. Invincible. Déjà faite. Je sais ne plus devoir trembler, mes déchirements ne la concernent pas. Présence elle est, de pure joie, toute pour moi. Même si elle ne venait pas. Tu as paru, je t'ai laissée faire, épuiser ce que tu croyais savoir être pour me plaire, jusqu'à ton visage nu, qui m'a ému d'amour, et que j'ai reconnu. Elle a réussi, tu t'es glissée en moi, d'abord pour y danser, puis pour couronner ma joie. Je me vois pouvoir vivre sans toi, ni abri, sans la douceur des nuits que tu me feras.
Et pourtant, que d'amour, que de rêves t'attendent à mon épaule, quelle flamme, à quelle hauteur, s'élève de moi pour toi, que je chanterai pour tous. Ainsi tu y es parvenu, tu m'as enamouré.
Comme tous les amoureux trouvent leur reine belle, tu me ravis, et par avance j'accepte tout de toi, de nous, j'ouvre mon âme et je t'y berce, sachant où nous pourrons aller, ayant déjà connu l'immensité aux folles vagues soulevées, par-dessus quoi j'ai traversé ma vie, pour te rejoindre un jour, pour écrire de toi, pour tous les hymnes à venir.
Princesse, puisses-tu encore une fois insister dans mes yeux, puisses-tu encore me trouver aussi beau, parce que c'est ainsi que je franchirai la haute barre, et tu me verras dessiner le passage, et tu entendras dans mon sillage toutes les mélodies enfouies depuis avant l'histoire, je vais les rapporter, les faire jouer sous les nouveaux soleils, chacun la sienne, et dévoiler à notre suite les radeaux émerveillés où l'amour trouvera mieux qu'un refuge : dans la transparence d'un bleu sans fin, toutes les couleurs, enfin, de la patrie rassemblée.
C'est là que je t'entraine. C'est ainsi que déjà je t'aime. C'est cela que tu lis dans mes yeux. C'est pour cela que ta voix te rappelle la toute petite fille que déjà tu es née. Viens : il y a mes bras, ma voix, mon corps doucement contre toi. Il y a des contes de fées, des histoires pour s'amuser, et même nos larmes, tu les aimeras. Et puis il y a les mots, les mots à la dérive, les mots écroulés sous la loi, le feu, la foi. Les mots qui meurent dans ta joie.

Un désespoir amoureux



Un désespoir amoureux

L'amour est pour moi une longue, lente, lente, profonde déchirure. Et qu'y puis-je ? L'amour heureux, je l'ai juste rêvé, attendu, ainsi années après années auprès de mon aimée, et aussi cherché dans les yeux que j'envoutais, et traversé parmi les fleurs, tout ça pour rien.
Mes souvenirs amoureux, c'est comme si je ne les avais jamais forgés.
L'espoir, je n'ai pu l'attraper, il va plus haut toujours que tous les oiseaux de mon coeur, et je le suis des yeux, je finis par ne plus en être malheureux, ou alors mon malheur est si grand, qu'il se dérobe à ma vue.
Je n'en vois aucune capable de m'aimer, et peut-être surtout pas celles à qui je plais. Toujours une raison s'y oppose, et la passion qui voltigeait plonge au plus loin en moi, s'écrase ; et presque j'en sourirais, je n'en fais pas grand cas, mais la douleur me reste, et je sens bien, cachée en mon âme, la tristesse sans fin que m'inspire votre beauté, mesdames.
Je n'ai personne à aimer, j'aime quand même, personne ne peut m'aimer, je le comprends sans peine, et me voici à nouveau inconsolable.
Je n'oublie pas pourtant les gestes si précieux de la tendresse accourue, ces doigts furtivement glissés sur ma jambe, ce sourire ami, le bien qu'il me faisait, non, mais j'en veux à la vie. Pourquoi m'avoir montré les champs d'amour, pourquoi laisser chanter en moi les silences étoilés, tout ça pour rien ? Que faire de ces mots, qui n'ont ni fin, ni but à rechercher, blessures en pleurs que je répands sur le papier ; aucune n'a su m'aimer.
Est-ce ma faute ? Est-ce un destin ? Est-ce juste pour la beauté ?
Ô ne passez pas là où je suis passé, amis de toujours qui me reconnaitrez, qu'au moins les traces séchées de tant de larmes, les plus versées comme les pluies retenues, vous soient autant de guides inversés.
Celui-là n'a pas su aimer, son coeur visait si loin, si haut, si beau, et resté pourtant dans les plis de la nuit la plus obscure ; n'y allez pas, amis futurs, dressez vos joies où brille déjà la joie, ne versez pas sur moi de vos regrets, n'ajoutez pas vos désespoirs à la longue, longue plainte inachevée.
Moi je la porterai, seul, seul je la présenterai au dieu vivant, et lui dirai, de la voix qu'il me donne : seigneur, j'ai voulu être néant, et même cela me fut retiré, même l'oubli a refermé ses portes devant moi, et pourtant qu'ai-je fait ? Qu'y avait-il à choisir, depuis que je marche sur terre ? Qui donc m'a enlevé, dès le premier souffle, l'amour de la mère ; qui m'a jeté, petit enfant, à travers ciel loin du foyer, qui m'a laissé passer et repasser sans fin sur mes propres traces, comme si le trésor s'y cachait ? Tout ça pour rien.

24.1.06

(une assez longue parenthèse)


Voici une assez longue parenthèse dans mes « créations » présentes. L'envie m'est venue, insistante, de « publier » sur ce blog des poésies appartenant à une période à présent révolue.
Il ne s'agit que d'extraits choisis d'un cycle poétique ramassé en un seul livre : « la Mer a débordé ».
Cette oeuvre a été refusée par
L'harmattan dans le courant de l'automne, et vient de l'être récemment par Gallimard. Trois autres éditeurs n'ont pour l'instant pas répondu.
Une autre série poétique, venant à la suite, est actuellement en cours de lecture chez un autre éditeur, dont je ne publie pas encore ici d'extraits.
Tout ceci, qui n'est peut-être pas grand chose, est en tout cas à mes yeux la préparation méthodique des Chants à venir, qui diront l'irrésistible attirance d'amour du nouveau ciel et de la nouvelle terre, telle que je la vis en moi.
Les textes sont présentés ici hors de leur « mouvement », sans ordre autre que celui qui m'a plu.

Laurent






Loin du port

Morte
La ronde
L’onde
Plus rien
Ne monte
Tombe
Du jour
L’Ombre
Du monde
La nuit
La suit
Ne pleure donc plus
Mon cœur
La douceur
Nue
Vide est l’amour
Lourd est le puits
Sage la plage
Et nul visage
Qui dans le sable
Ne s’efface
Et sur la mer
Plus un passage
Aucune trace
Pas de sillage
La vague est lasse
Que l’oiseau rase
C’est loin du port
Que je t’emporte
Et puis te porte
Morte




Si le soleil renaît

Je l’ai tellement ouvert
Mon cœur
La simple ondée l’émeut

Et l’onde
Du monde

Une peau douce
Une ombre
Que je vois s’éloigner

Monte de la profondeur
Un souvenir terrible
J’étais heureux
Et tes bras me tenaient

Je tombe
Qu’ai-je fait

Parfois
Je voudrais m’en aller
Je reste ici
Me tiens tranquille
Sous le rouleau liquide

A quoi me sert de désirer
Si chaque fois j’échoue
Ou si dessous
La vague se dérobe

Je ne retrouve ni l’amour
Ni l’amitié
Qui m’appelaient

Mon désir est défait

Tristesse
Tu es plus grande que mon cœur
Tu me voles la forme du bonheur
Tu dérobes mes pleurs

Qu’en faire
La mer est haute
Mon âme écope

Plonge
Me dit-elle

Atteins le courant chaud
Remonte le corail
Rouge et mauve
Déchirant tes entrailles

C’est là-bas que la patrie espère
Aucun visage pour te sourire
Mais la lumière te dira oui

Parfois je pense
En regardant par la fenêtre
La silhouette familière
J’aurais aimé
Lui dire

Pourquoi rêver encore
Pourrais-je éteindre mes désirs
Et je ne garderais que toi
Flamme infinie
J’y étendrais mon cœur
Et pas de plainte
Tu me dirais ce qu’il faut faire
Comment aimer dans la lumière
Eteinte

Laisse-moi m’en aller
Décline-moi

Dis-moi que c’est pour rien
Qu’en moi se déroulaient
Les lianes hautes qui servaient
A toucher l’étendue
Du destin de ton cœur
Et que tes doigts de lune
N’y ont pas déposé
La moindre fleur

Et qu’à présent je peux rentrer

Qu’en ma mémoire est close
La porte de l’aimée

Si c’est ainsi
Tant pis
Montre-le moi
J’irai où il fait froid

Où je suis seul
Les dieux sont invités
Et rien ne me fait peur
Que de perdre l’étoile

Il y a une place
Pour ma façon d’aimer
Et l’on s’en souviendra
Si le soleil renaît





j’irai

J’ai peut-être eu tort, je n’étais pas venu dans ce pays depuis si longtemps,
il a fallu passer nu, totalement exposé, rêves et vie liés, juste pour ce visage,
que je croyais avoir reconnu, pour qui j’ai creusé mon cœur, dépensé
l’à-venir, déroulé et abandonné tous les projets, pour être prêt, pour être à
toi,
dans l’espace bleu,
à la lumière de ta joie.
Je t’ai vue t’approcher, esquisser un sourire, soutenir un regard, fuir.
Je t’ai crûe prête à partir, à venir, je ne sais plus, l’incroyable certitude s’est
tue, et me laisse sous les trombes.
Un rêve passe, saccageant tous mes vœux,
mon seul vœu, qui pleure au fond de moi.
Mais je n’ai pas froid, je reste debout dans le vent, je tiens bon, seul dans
l’immensité de cette place en moi pour toi, dont je ne sais que faire,
et qui dicte mon être.
Je vais encore attendre, parce que je n’ai pas le choix, parce que c’est la
dernière fois, le seul rêve encore que je voulais voir vivre, où s’embrasait
ma vie, s’éclairait cette longue, longue et triste attente en moi qui attend,
qui attend,
et qui ne sait pas
— quoi.
Je voudrais te donner tous les mots qui sont pour toi, ou me parlent de toi,
et je croise ton silence, ton regard qui n’y est pas.
Je vais attendre donc, patiemment,
logiquement, pour savoir ce que tu fais du rêve qui t’a traversée.
Toi, tu as tout ton temps, ou tu le crois,
et les rires innocents qui déchirent, et cette légèreté dont tu t’habilles,
pour sembler m’ignorer.
Et bien, tant que je pourrai, je suivrai
le cours de ton temps, le mouvement
profond de tes marées,
sans embarquer.
Mais j’irai, j’irai tout au bout, à me vider de tout, à m’effacer ; que de moi,
petit être, ne reste que la pluie sur le sol, c’est-à-dire rien, à peine une
trace, une odeur mouillée, une immense disponibilité.
J’irai chercher pourquoi, pourquoi je t’avais déjà aimée, pourquoi t’ai-je
reconnue,
de qui tu étais le reflet, ce souffle si léger, ces trombes à travers moi.
De ce paysage noyé sous d’impossibles regrets, je composerai le chant de
l’Homme qui, toujours, poursuit Amour ; cette plainte silencieuse qui
s’élève au-dessus
d’elle-même, et monte et monte,
et atteint le Ciel, qui lui sourit,
et retombe en pluie d’or et d’étoiles,
pour consoler l’oubli.




Passagère

ne reste pas à l'attendre
celle qui devine
d'un peu de bleu
le ciel
si tu prends un chemin
qui n'est pas que le tien
laisse des traces
un visage
un lendemain
si tu n'as personne
pour relier ton destin
à tous les hommes
décris tous les matins
sur ton passage
si nulle amie ne convient
pour te prendre par la main
dis à toutes les femmes
tes paysages
ces fleurs dans ton cœur
la rive de ton âme
fais en toi la Mer
de tes propres mains
montre les îles
et le chemin
que du présent
où nulle ne vient
comme tu la rêves
tu offres à toutes
ou l'ivresse
ou le vin
pousse encore sur la rive
n'appelle pas en vain
un ange dans les sables
mais sur la plage
sois un grain
le sel et l'air marin
Ainsi tu vois que l'impossible
couvre l'autre moitié
du paysage
c'est ainsi que tu fais l'arche
lance la passerelle
gonfle la voile
fixe l'étoile
allume la vision
— tu es de l'ange
l'horizon
la Mer sera ton anse
la passagère de tes raisons
voyage de ton âme
pour que tu y rejoignes
dans la flamme des jours
et pour toujours
d'entre toutes les femmes
la Dame de haute renaissance
— non pas la mère de dieu
mais la fille de l’Homme





les chemins empruntés

me lasserai-je de dire ta trace en moi
de répandre la nouvelle d'amour qui ne meurt pas
quel qu'en soit le nom
les chemins empruntés pour te garder en moi
intacte quoi qu'il en soit
de nous
je suis devant toi comme devant la moisson
comme lorsque l'enfant revient et qu'on l'attend
à genoux
j'enroule ton nom sans fin
puis le déroule pour l'horizon du lendemain
quand nous n'aurons plus faim
que notre soif nous guidera
tu es si peu de choses
que j'allume pour toi la plus haute branche en pleine nuit
et tu es tant pour moi
sans que je sache quoi
que l'oiseau bleu t'y laissera son nid





à rendre aux oubliés

Jour de Paix ! La Nuit est passée,
l’Orage aussi, le Ciel est clair.
La violence des larmes s’est tue,
la tristesse m’a abandonnée,
je ne suis plus au regret,
tendre inconnue,
de ne pouvoir t’aimer.
Que m’est-il arrivé,
quelle Folie me voulait ?
Tu pouvais être l’Amie,
celle qui me consolait,
celle que j’aurais guérie,
à force de mots vrais,
pour qui Ciel et Terre se soudaient
— Éternité réinventée.
Et ce n’est rien.
Voici que mon cœur s’est retourné,
j’ai fini de pleurer, et je reviens
sur la rive du monde,
et je dirais ce qu’il en est
— de la Mer étalée.
Suis donc ton chemin,
la pente douce de ta vie,
et je suivrai, quant à nous, le mien ;
les fleurs, les vives et les fanées ;
et légère, ton absence sous mes pas ;
et tranquille, l’impossible espoir,
sans un regret ;
et heureux, l’horizon
à nouveau déployé.
Qu’à présent je puisse
simplement ramasser
ces pierres lourdes au fond de moi,
qui ont ruiné mes illusions,
et les reprendre et les changer.
Perles de Vie à rendre aux oubliés,
comme ce nouveau goût d’aimer
— cette Rosée.
Voici que l’Aube n’est plus très loin,
les plus avancés l’ont déjà rejointe.
C’est un Ciel irisé,
un Appel que l’on entend,
la douce Musique qui s’élève
et qui vient
l’Amour sans lien.






Cible du ciel

Il vibre
Ou vole
Flèche nouvelle
Ou vent léger
Le mot nouveau
Corde étincelle
Sensible à l’arc
Cible du ciel

Simple ficelle
Où se pose l’oiseau
Qui n’a plus besoin d’ailes

Du silence apaisé
Du souvenir des dieux
Des déesses
Ne restait qu’une unique larme salée

La goutte émerveillée
Rivière ou torrent renversé
Qui bascule en tes profondeurs sacrées
Y ranimer la source
Que tu es

Depuis le silence
N’a plus à s’élancer
La Mer est à tes pieds
En chaque marée cheminent
Les émotions sacrées

Un rien par-dessus la grâce
L’essence du miracle
Se promène avec toi

D’ailleurs la mouche est encore là
Au coin de toi
Se frotte les pattes
Et court sur ton émoi

Mais le lien
L’alliance
Le pont si fin
De nous aux fleurs
Et d’elles aux dieux
Le parfum de l’accueil
Le geste qui donne envie
Quel mot ne le trahit

Maintenant que la parole est vendue
La fleur aussi
L’espoir en suspension
Du verbe qui fait le pont
Du ciel entre nos mains
Quel acte ne l’enterre

Et tout est à refaire

Pourtant rien ne se perd
Des brumes du Ciel jusqu’à la Terre
Paraît le lendemain le plus certain

Le nôtre !

La légèreté du ciel
Dans le pas quotidien
Une adhérence qui danse
Le présent de l’instant comme
Une louange épanouie sur tous nos lendemains
C’est le mouvement juste
Elle ne s’élève plus
La passion de l’élue
La flamme pure
Elle reste ici
Où elle est attendue





Des voiliers sur le monde

Je briserai le destin qui interdit d’élever son cœur plus haut et plus loin que les affreux pleurs désenchantés de tous les cris de toutes les faims.
L’océan qui m’emporte est couleur de cette lumière qui déferle impétueuse sur nos vies éteintes en renversant tout (sans que l’on n’en voit l’appel, sans que l’on sonne l’alerte), mais c’est pour moi la douceur inconnue qui se diffuse scintillante dans l’élan nouveau de mon corps, et y déborde les étoiles.
Et la non violence faite à l’ombre, dans ce duel avec le faux qui n’a pas eu à commencer. Dans le cœur un exploit, celui d’atteindre la rive qui n’existait pas. D’y éprouver une présence, que je ne saurais dire, à la source de l’amour, que je ne sais décrire.
Elle est pourtant bien là, radieuse dans la clairière, amusée de te voir si ému, te frôlant de son cœur.
Croyant, tu n’aurais pu y croire. Mais tu n’as eu ni à croire ni à voir, tu as su sans savoir.
Je t’ai vue avec tes yeux, je t’ai sentie dans ton souffle.
Et parfois mes pensées s’élevant à la verticale de mon âme volent vers toi et s’y recueillent, et tu me les retournes en pluie ensoleillée, en gouttes de clarté émerveillées, en vagues folles qui enroulent ma vie dans cette tendresse qui n’a pas de trêve.
Vous verrez des voiliers sur le monde.
Ils seront pour vous comme le signal des élans nouveaux de vos âmes interdites.





Eros et les anges

je n'ai pas encore compris quel est ce mystère qui se tient dans l'ouvert de nos vies
à l'envers de la nuit
dans chaque ivresse qui s'élève
au ciel qu'elle crée
ainsi de ton corps qui frémit
ce souffle que tu es
l'extase qui rebondit
seule une femme sait le mouvement
abandonné à la vie
qui sourit
dire oui et s'en aller
c'est à l'aube que je l'ai retrouvée
étendue parmi la bruyère
c'est son soleil qui se levait


éros et les anges (2)

il me semble que la terre la plus profonde
est comme le ciel le plus lointain
en nous
et que la pure ivresse des sens
en reflets absolus
touche aussi la lumière
de nos corps nus






Graine mère

cette émotion comme un grain de lumière
planté au creux de moi
ce sont les bras d'une mère
tu jalonnes ma lignée
je viens pour toi
le visage inconnu de l'amour
la douceur qui ruisselle
je n'ai personne d'autre
qui m'apprenne à aimer
alors je te salue
mère des rescapés
prière des noyés
mais qui sur la terre ravagée
sens tes bras étendus
et le secret dans la matière
de ta virginité
alors berce-moi encore
de tes bras nus
que je m'élève en transparence
jusqu'aux plis de ta robe
la source claire
pour que j'y enveloppe
l'enfance d'un éclair




mes bases

aller dans la forêt
retrouver la clairière
laisser s'ouvrir le ciel
dans la forme océane
ne plus vouloir que toi
présence de l'absence
le pur contour de notre joie
cause de rien
qu'un pur amour retient
auprès de moi




la fontaine qui rejaillit

je rêvais des rêves fous et sensés
c'était de trop pour toi qui rêvait d'établi
à présent je me réjouis juste de t'apercevoir dos tourné à ma vie
ne pas se comprendre
alors qu'un mot aurait suffi
c'est ainsi que je te promène
mais pourquoi fallait-il te revoir et rien de plus
ma mémoire est-elle la fontaine qui rejaillit
pourquoi sous le soleil la persistance de la pluie
et non l'inverse
quelle eau faut-il encore verser dans le creux de ma vie
pour pouvoir l'oublier
la place abandonnée que tu as prise
je veux bien battre des records de pleurs
mais j'en ai assez fait d'erreurs
assez usé des balbutiements de mon cœur
alors je t'attendrai encore sous le rideau de pluie
mais cette fois j'aurai
tu l'entendras
pour tout piano
un arc en ciel au bout des doigts

miettes quotidiennes

ne pouvant rien vouloir
survivant sans effort
nourri de gouttes et de miettes
mon amour
est devenu très grand
et le ciel à présent
le nourrit chaque jour
les oiseaux s'y promènent




une saison au paradis

quoi de plus évident
l'automne s'est avancé
dans l'été qui s'achève
et l'ange s'est posé
où mon chemin s'arrête
quoi de plus naturel
le vent est délicieux
et la pluie me ravit
et tout me parait autre
un soleil plus loin
j'ai aperçu la vie
mais tout était pareil
alors je suis attente
sans demande
et mémoire
au centre de l'oubli
c'est ainsi que tout est bien
l'autre saison revient
printemps du monde
si l'oiseau passe ici
nous danserons ensemble




Tu pourras t'allonger

si tu viens me donnes ton visage j'y répandrai l'été
tu n'imagines pas les soleils qui s'envolent jusqu'à tes pieds
le temps s'arrête pour nous et se met à danser
dans le plus gris des jours je te montre la clé
des champs inondés de lumière
et si tu es fatiguée je l'éteindrai
je la rassemblerai
tu pourras t'allonger fière et libre et reposée
sur l'éclair




Ta peau de laine

la fleur nouvelle
je la devine

plus haute que nos vies
qui n'en sont que la tige

et c'est au feu de la corolle
qu'à présent je respire

chaque pétale est ce bonjour
où se délivre l’au revoir

chaque tristesse qui s'y verse
sait la rosée du lendemain

j'habite la transparence
du jardin avenir

personne ne me retient
personne ne l’interdit

je m'invite tout seul
à l'instant féminin
à l'envol de ton sourire
voici le temps
qui s'érotise

l'autre Printemps revient
la peau du monde forme une laine
enroulée sur tes seins

c'est là que j'aime vivre
on n'y dépend d'aucun parfum
la poussière qui s'y répand y est lumière
y est pollen
de la terre entière




Que disent les roses

Mer aimée couvre-moi pendant que je suspend mon cœur
rien n'est jamais comme je croyais
même après ton passage
jamais encore ne m'a pris la marée
mais pour moi mon cœur peut attendre
j'ai déjà l'amour de celle qui ne viendra peut-être jamais
tout entier déplié
j'en ai fait la voile
mais si tu voulais m'aider alors j'irai
sans toi je ne peux rien
qu'étendre ces bras que la tristesse accueille
revoir les amants malheureux
combien là-bas attendent cette heure
et que disent les roses
de ma patience
pour quel amour de la jeune dame ne sera-t-il jamais trop tard
tristesse
c'est du haut des trois peupliers qui se balancent dans le vent
que je t'abolirai





une étincelle est née

fille de l'homme
passagère de ma vie
je viens pour t'annoncer
de ma voix nue
qu'en toi une étincelle est née
il m'était si facile de m'y glisser
sans avoir à te toucher
mais à présent si tu souris
les anges serviront tes pieds

où je m'évaderai

sur les rives presque oubliées
de l'amour majesté,
la vérité résiste encore,
peut encore
nous toucher
mais elle a déserté nos polémiques, nos certitudes assurées,
— les interprétations de tout cela
alors allons nous promener
pour commencer,
viens mon amie
sur les rives oubliées,
jusqu'à la pointe
de cette presqu'île,
d'où je m'évaderai







L'ancre du ciel

l'été s'est étiré
mon souvenir n'a pas de base
dans le ciel déplié
où je suis à la trace
une donne océane
aux creux abandonnée

grâce sur grâce
parfum de houle
j'y fait escale
tu n'en es pas gênée

aux lèvres de ton Nom
dont chaque pli est poésie
j'ai retrouvé la vie sensible
qu'aucun mot ne contient

l'envol marin
dans le vent bleu
qui me sourit

la piste des étoiles
où ta robe a glissé

flotte la poésie
tandis qu'elle nous retient
l'ancre du ciel
près de nos vies




21.1.06

Il attend


Il attend

Il attend
Blotti au fond de moi
Et t’espère
De tout mon cœur

Mais il a appris
Que peut-être tu ne viendrais pas
Celle qui oui vraiment
M’aimera pour qui je suis
Même si ce n’était rien

Je suis poussière
Comme en tous est l’étoile
Le grain divin de l’univers

Il attend que tu m’emportes


Qu’ici même
Si bas est l’homme
Je te donne des ailes
Qui seront tiennes

L’enfant
Le tout petit enfant
Attend

De lui à moi
Vit l’éternel adolescent
Rayon de mon visage
Pour qu’un jour tu le vois
Qu’il soit pour toi

Toi qui m’aimerais
Pour qui je suis
Qui que je sois
Parce qu’avec toi
Il le devinera
Et viendra me rejoindre

Il est là toujours
Si bas soit-il
Si haut que je sois
Et entre nous
Il y a tes pas

Si tu existes
Si c’était toi

16.1.06

Ondes de femmes


En Amérique du Sud, en Afrique, pour la première fois, des femmes viennent à la tête de leurs pays.
Elles semblent avoir du coeur.
L'y perdront-elles ?
Peut-être, sûrement même, tant les formes sociales sont faites pour ça, depuis si longtemps que nous, les hommes, les avons conditionnées pour assouvir nos avidités.
Mais reste, je crois, le signe d'une évolution planétaire, d'un appel de fond à la justice, à la douceur, à la sagesse et à la dignité, sans oublier l'humilité ; qualités exemplaires, toutes féminines, et dont la Terre a le plus grand besoin !
Je salue donc à travers vous la possibilité d'un nouveau cycle, précédant la Grande Vague de Lumière, sans m'illusionner sur les massacres, les infamies
en tous genres, les souffrances et les catastrophes à venir bientôt, effets inéluctables, en l'état, de l'inertie du système mondial du mensonge généralisé, qui a tout corrompu, les humains, le sol, le ciel, l'eau, les esprits.
Je vous salue mesdames, qui ouvrez dans le monde une brèche salutaire, par où va se diffuser, quoi qu'il en soit, une clarté nouvelle, qui sera source d'énergie et de foi pour les jeunes générations.




Le lis

Le lis

Il est soudain venu
A surgi de derrière l’horizon
Vêtu de blanc doré
Caresse du destin
Effeuillant ma vie nue

Le sourire d’une sœur
Court dans ma mémoire

La fleur
Offerte enfin
Quand le vent a voulu
Et mon âme a couru
Couru couru
Vers toi
Jusqu’à demain
Parfum sans fin
Je t’aime à la folie

Peut-être en voudras-tu
Blanche douceur ensoleillée
Où s’apaise mon cœur
Espoir marié
Au jeu des boucles noires
Qui te font fleur





13.1.06

Petite correspondance…

Petite correspondance…

Je lis tes derniers textes, ils me plaisent beaucoup.

Quelque chose a changé dans ta façon d'écrire, je ne sais pas quoi...
Mais ça te va bien
Amicalement

Elsa

___________

Merci !

Tu as raison et moi, je sais quoi :
M. n'est plus à la source de ce qui m'inspire...
Par contre je suis incapable d'évaluer la "qualité" de ces nouvelles poésies ; j'ai comme une nostalgie de ce que j'ai créé avant, mais surtout de l'intensité émotionnelle qui allait avec, qui "compte" parmi ce que j'ai pu éprouver de plus "haut" dans ma vie, et là, j'en suis loin, plutôt bas d'ailleurs, voire très bas par moments, très triste, mais ça doit se sentir...
Est-ce que ça me va bien ? Si tu le dis !
Mais tu sais, gai, je ne suis pas déplaisant du tout !
Moi, je m'en passerais bien, de ces états, qui me semblent un deuil prolongé.
Je me demande vraiment si j'aimerais encore un jour, et je constate que quelque chose en moi y résiste ; c'est assez tourmentant à vrai dire, parce qu'en même temps, je crois bien que j'aurais terriblement besoin d'un peu de tendresse, une main...
Enfin, c'est la vie comme on dit.

Allez, à un peu plus tard, j'espère que tu vas bien,
bien à toi
Laurent

A la nuit dévoilée


A la nuit dévoilée

Va donc savoir
Mon âme
Pourquoi je n’ose pas
Approcher de la dame
Qui toujours me sourit
Attend
Me semble-t-elle
Que je l’enlace
Mais qui va s’en lasser
Peut-être
Je ne sais pas
Je ne me comprends pas
Et je fuis l’évidence
Et j’arrête sa danse
Je la voudrais
Mais je ne sais que faire
J’ai désappris d’aimer
Mes yeux me sont de trop
Mon cœur a trop tremblé

Ses mots
Je ne les reprends pas
Et les yeux qu’elle me tend
Je ne les retiens pas
J’attends
Sans savoir quoi
Un aveu plus profond
Montant du fond de moi
Etre sûr que c’est elle
Etre sûr de vouloir
Une autre dame
Que celle que j’ai voulu
Avec qui j’ai vécu
Celle qui a pris ma vie
Et laisse mon cœur vide
Et ma vie nue

Ma fidèle
Mon aimée
Mon unique
Es-tu donc à jamais disparue
Nul chemin ne mène plus mes pas
Jusqu’au seuil de ton âme
Le ciel que j’ai de nous
A fui dans la nuit noire
Et c’est en vain
Si je t’appelle encore
Encore encore
Et ne dors plus

Je ne sais plus
Je la voudrais
Mais le chemin s’est effacé
Du désir de mon cœur
Aux lèvres pour un oui
Je n’ai qu’un chant pleuré
Dans mon obscurité
Que la triste louange
A la nuit dévoilée
Amour m’a déserté
Et parfois quand j’y pense
J’espère dans le secret
Ne plus jamais jamais aimer
Plus jamais une dame
Ne plus jamais oser
Et mourir comme ça
Cœur ouvert
Cœur noyé
Masqué
Oublié
Effacé

Et alors
Comme lorsque j’étais enfant
Contemplant la splendeur étoilée
Tout au-dessus de nous
Pleurant les pluies d’ici
J’aimerais oui vraiment
Ne pas avoir été



Les désirs platoniques

Les désirs platoniques

D’ou venez-vous
Nonchalantes passantes
Qui donc a dessiné vos épaules si douces
Où jouent et glissent de folles boucles
Et les désirs tout platoniques
Que j’ai de vous servir
Vous dévoiler comme je sais
De ces mots soulevés
Comme mon cœur
A la vue de vos jupes
Envolées
La tiédeur de vos ventres
S’y laisse deviner
Si évidente
Comme un fleuve à la mer
Abandonné
Comme de la fleur le miel
Offert à l’innocence ailée
Et dans la soie tendue
Sous le noir ajouré
Comme vos seins soudain quand ils se tendent
D’une caresse aimante
Tandis que vos jambes
Jusqu’au ciel élevées
Dansent leur vie de joie
S’enroulent à votre émoi
Vous Mesdames
Simples femmes
Charmantes sœurs
Fées de mon âme
Princesses souveraines
Et mendiantes exquises
Vêtues de votre nu
Comme autant d’îles
Retrouvées et perdues
La fascination que j’ai de vous
N’a d’égale que le vin
Fou
Des divins que j’ai connus
Dans mes plus beaux exils
Elle est comme eux
Et n’aura d’autre fin
Que tout entière se brûler
Au soleil enfantin
Du jeu de votre feu
Où le dieu tient sa main
Et crée
Comme un sourire avec vos yeux
Et d’une larme en eux
L’adieu
Comme un matin radieux
Dans la rade où mon âme est restée
Un jour qu’il faisait doux
Demeurer tendrement
Rêver encore de vous
Deviner votre corps
Assis en paix auprès de vous
Etre un des plis de votre robe
Flotter à vos genoux









9.1.06

La plus jolie romance


La plus jolie romance


J’ai fouillé ma mémoire et nulle part je ne trouve
Quelqu’un qui comme toi
Autant m’attire
Sans que mon cœur redoute
À nouveau d’en mourir

J’ai beau chercher je ne me souviens pas
D’une femme aussi mûre
Venant à moi
Comme toi sans armure

Je n’avais jamais vu encore
Un corps aussi bien fait pour moi
Et nulle jusqu’à ce jour
N’avait autant souri
À mes bonjours

Tu m’attires pas à pas
Et cela fait déjà des mois
Qu’une valse de toi
Danse dans le creux de moi
J’ai du mal à le croire

Je crois rêver ton doux visage
Ce que nous pourrions faire ensemble
Je n’ose le savoir
Comment tu m’accompagnerais

Aucune ne m’a jamais
Reconnu comme toi
Dès le premier regard
Nulle n’a tant insisté
Pour bercer la passion
Que je porte dans moi
Inachevée

Mes yeux se détournaient
Mon cœur ne voulait pas
Mais je me sens pour toi
L’amant parfait

Alors j’attends
Je t’attends tout là-haut
Juste au-dessus du temps
Je te laisse t’installer
Parmi le vent
Et encore danser
Bien au chaud dans mon ventre
M’enamourer
Et composer en boucles noires
Notre couronne de pureté

Je n’ai pas peur de toi
Tu me sembles évidente
Et si tu ne me viens pas
Restera la romance
Celle-là même qu’amoureux
Tes yeux chantaient pour moi



Qu'il me dise pourquoi


Qu'il me dise pourquoi

Plus de mots
Plus de douleur
Pas même le vide
Puisque pour vivre
Un tout petit rien me suffit

Entre un amour impossible
Et je ne sais quelle amitié
Je n'ai rien à choisir
Bien que je ne pourrai t'oublier

Si par hasard
Quelqu'un m'entend
Si par hasard
Il a le temps

Roses et blancs
Cotonniers

Qu'il me dise pourquoi
Ici-bas
Tous ces cris, pourquoi

Sable blanc
Cocotiers

S'en va
La vie

Elsa Pujol, Laurent Chaumette

6.1.06

Le saint de la lumière


Le saint de la lumière

L’homme
Lui
Marche
Parfois même il se promène
Quand lui restent des pas
Pour le mener à des endroits
Quand il en reste
Dans le monde à l’envers

L’enfant est perdu
Dans l’homme assis qui sait
L’enfant aussi est nu
Dans les cœurs dévastés
Quand il reste des cœurs
Sous nos lois

Ô l’enfant
Voudrait pleurer
Mais il ne sait sur quoi
Il a des larmes innocentes

Nul refuge
Ni langes
Mais son ange
Tient au bout de ses doigts
Le saint de la lumière







Comme tu es belle

Comme tu es belle
Plus encore que dans ces rêves
Que j’ai de toi
Au chaud dans le creux de mes nuits

Mais en ce jour anniversaire
Ô ton bonjour
Ton sourire
M’ont fait l’effet
De bulles douces
Et qui rient d’être libres

Un cristal qui éclate
Aux couleurs de l’audace
Des perles qui éclairent
Ton doux regard

Et moi je n’ose pas
Pas encore
Insister près de toi
M’allonger dans tes yeux
Frôler ta robe rose
T’avouer mon émoi
Et recevoir le tien

Il est encore trop tôt
Au risque de te perdre
Il n’est pas loin le temps
Des fleurs qu’on piétine
Au jardin de mon cœur

Alors si tu le peux
Attends encore
Mon corps aussi attend
De toute son âme

Et dire que la vie est belle !

Et dire que la vie est belle !

L’affreux gâchis !
Comment dire oui ?

L’enfant mort au foyer
L’exilé de l’amour
L’innocence affamée
Le prisonnier assassiné
Les yeux dans la boue
Toi la femme meurtrie
Toi l’amante à genoux
Toi le soldat pantin
Égaré dans un trou
Que la balle perdue
Quand même a su trouver

Sous cette pluie de larmes en sang
Comment remercier ?

Pourtant parfois
Juste un sourire
Un petit signe de toi
De moi seul visible
Alors amour suffit

Juste l’ami
À l’épaule d’une fille
Le temps suspendu
À ton cou
Notre tendresse
Revenue
Dont ne sait où
Alors amour suffit

Ainsi amour renaît
C’est un fait
En millions d’inimaginables résurrections

3.1.06

les mots, l'amour, la magie

Kafka, Journal, 1913 :

Trop tard. La douceur de la tristesse et de l'amour. La voir me sourire dans le canot. Ce fut le plus beau moment. N'avoir jamais que le désir de mourir et s'accrocher encore, cela seul est l'amour.

Kafka, Journal, 1921 :

Il est parfaitement concevable que la splendeur de la vie se tienne prête à côté de chaque être et toujours dans sa plénitude, mais qu'elle soit voilée, enfouie dans les profondeurs, invisible, lointaine. Elle est pourtant là, ni hostile, ni malveillante, ni sourde, qu'on l'invoque par le mot juste, par son nom juste, et elle vient. C'est là l'essence de la magie, qui ne crée pas, mais invoque.

2.1.06

mes premiers pas en 2006

Je me sens (un peu) mieux aujourd'hui, j'ai marché assez longuement dans la ville déserte, avec plaisir et curiosité pour les quelques rares promeneurs.
Il y avait un vieux couple, avec une amie sans doute, qui regardaient la vitrine (fermée !) d'un boulanger pâtissier ; il y avait juste un petit pan de rideau ouvert, ça avait l'air de suffire à leur bonheur...
J'ai vu aussi un jeune handicapé, un peu tordu, je me suis dit que la vie était aussi mal faite que lui, mais pourtant elle continue, comme lui.
Il y avait aussi un parc comme abandonné, toutes entrées ouvertes, juste pour les oiseaux, rares, comme les passants, mais plus gais.
Et puis j'ai marché sans faire exprès assez longuement près d'une jeune maman avec sa toute petite fille, elle m'a souri deux ou trois fois, et ça m'est resté, au point que je me demandais en rentrant si je la connaissais (ce qui est possible, c'est qu'elle me connaissait, elle, pas mal de gens me connaissent ici, à cause du journalisme, mais pas moi, et en plus je n'ai pas la mémoire des gens).
Quoi d'autre ? Pas mal de pensées tristes encore, mais comme allégées -
presque une compagnie !



1.1.06

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T’avoir aimée

T’avoir aimée

Les mots les plus longs sont ceux de la tristesse
Les meilleurs sont pour elle
Soupirs et larmes
Qui étincellent
Éclairent en noir
Notre mémoire
Mon bel amour

Les mots les plus lourds tombent aussi d’elle
Pluie sans espoir
Qu’un vent mauvais
Penche vers moi

Les mots d’amour sont matière vive
Qui brûle en moi
Éclairent mon cimetière
Des sourires d’une croix

Je pense t’avoir aimée
Mais je n’aurais jamais cru
Pouvoir te perdre
Ainsi

Sans même le dire
Sans rien défaire

Et tu m’appelles
Chère blessure
Que ma voix te rassure
Et te donne le droit
De m’oublier

Est-ce possible
L’amour meurt-il
Et pourquoi
Juste là dans mes bras


Pourquoi avoir aimé




Et comment pardonner







La vie est une injure